Résumé (suite)
À partir d’éclairages factuels sur la dynamique de la pauvreté dans le système économique à dominante pastorale des régions arides et semi-arides du nord du Kenya, les auteurs réalisent une étude de cas qui leur permet d’examiner et de comparer les impacts avérés de deux dispositifs différents de protection sociale sur un ensemble hétérogène de ménages pastoraux : le premier est un programme ciblé de transfert de liquidités sans conditionnalités, destiné aux foyers les plus pauvres, le deuxième est un programme d’assurance du bétail doté d’une clause d’indexation et faisant office de « filet de sécurité » productif pour aider les pasteurs à ne pas basculer dans la pauvreté en cas de coup dur et à améliorer leur capacité de résilience. Chacun des deux dispositifs de protection sociale permet de contenir la pauvreté, d’améliorer la sécurité alimentaire et de protéger la santé infantile. Néanmoins, les comportements qui en résultent en termes d’accumulation d’actifs varient suivant le type de protection et la situation particulière de chaque foyer. Les foyers les plus pauvres aidés par un apport de liquidités conservent et accumulent rapidement des actifs. Les foyers habituellement vulnérables mais pas entièrement démunis soutenus par un dispositif d’assurance protègent leurs troupeaux et investissent davantage pour le bétail qu’ils possèdent déjà. Après avoir plaidé en faveur du ciblage différencié, qui selon eux améliore l’efficacité des programmes, les auteurs font le point sur la manière dont le Kenya met actuellement en œuvre une protection sociale ciblée et différentielle.