Résumé (suite)
En déployant ces stratégies, les pasteurs ont contribué à améliorer la biodiversité des prairies et à assurer la conservation durable d’habitats importants pour la faune sauvage. Les pasteurs possèdent également une connaissance détaillée des espèces végétales poussant dans les prairies et de leur utilisation, qui s’avère précieuse pour évaluer, conserver et utiliser la biodiversité des prairies. De même, les pratiques pastorales traditionnelles de gestion des prairies telles que la rotation saisonnière des parcelles et les déplacements des troupeaux influent sur la répartition, la couverture et l’abondance de la végétation des prairies et constituent des outils permettant de réparer la biomasse et de séquestrer le carbone des sols, contribuant ainsi à atténuer le réchauffement climatique. Néanmoins, plusieurs facteurs internes et externes ont limité les pratiques de gestion traditionnelles et la mobilité des troupeaux, brisant l’équilibre d’une coévolution parallèle de la végétation, la faune sauvage et l’exploitation des terres, et exposant de ce fait les prairies à une pression permanente, souvent suivie de leur dégradation. Plutôt que de renoncer au pastoralisme, il est désormais crucial de revitaliser les pratiques traditionnelles et les savoirs autochtones afin de sécuriser les moyens de subsistance de millions de pasteurs et de préserver la biodiversité des prairies et les services écosystémiques.